Première visite d'un diplomate allemand dans le Valromey

A l'invitation du Comité Intercommunal du Mémorial aux morts 1939-45, le Consul général d'Allemagne à Lyon, M. Klaus Ranner, s'est rendu mercredi 31 mai dans le Valromey pour un "dialogue des mémoires et d'avenir". Comme l'a montré la rencontre à la Maison de Pays de Champagne-en-Valromey, où l'a accueilli le maire, M. Claude Juillet, cette visite marquait pour les anciens combattants et résistants et surtout pour les orphelins des déportés et fusillés la reconnaissance, pour la première fois, par un officiel allemand des souffrances endurées, ainsi qu'il ressortait des propos émouvants de Mme Anne Billan et de M. Guy Bertrand, le président du Comité du Mémorial, le Dr. Jean-Paul Larbre, évoquant pour sa part  la "résilience" qui, seule, leur avait permis de surmonter ces épreuves.

M. Guy Permezel, président  des Rescapés de Montluc, prison lyonnaise de la Gestapo de sinistre mémoire, a fait part du projet de son association de faire revivre le souvenir des déportés du Valromey et du Bugey, pour lesquels il est en quête d'informations.

Il a ensuite été rappelé par Henri Reynaud, ancien ambassadeur, qu'en 1945, la France avait eu le souci de ne pas répéter l'erreur de 1918 en voulant "faire payer l'Allemagne", mais de lui "tendre la main" pour construire cette fois un avenir européen. Une politique portée par la réconciliation scellée en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, avec la création de l'Office franco-allemand pour la Jeunesse qui, en 50 ans, aura permis à davantage de jeunes des deux pays de se rencontrer que les deux guerres n'avaient précipité de soldats français et allemands les uns contre les autres.

Illustration de cette politique fondée sur la jeunesse, Bénédicte Grange, diplômée de la jeune Université Franco-allemande, a témoigé de la richesse d'une formation  dans deux langues et deux cultures, avant que les élèves germanistes de 4ème du Collège d'Artemare ne viennent dire leur vision de l'amitié franco-allemande, Pauline Godet, maire de Belmont-Luthézieu, évoquant de son côté  l'engagement de sa commune auprès des enfants sur le thème de la paix.

Damien Abad, président du Conseil départemental, a relevé en conclusion l'importance d'ancrer le dialogue franco-allemand jusque dans les territoires comme le Valromey et rappelé que le travail de mémoire devait être porté de génération en génération, l'ouverture à l'Europe n'allant pas forcément  toujours de soi.

Le Consul général d'Allemagne, Klaus Ranner, a dit sa conscience des épreuves que l'Allemagne avait fait subir à la France dans la première moitié du 20ème siècle. et salué l'oeuvre de toutes celles et ceux qui avaient fait en sorte qu'il puisse aujourd'hui être présent dans le Valromey en tant qu'ami de la France.  Cette rencontre empreinte d'émotion a été cloturée par un vin d'honneur, préparé par Michel Pras, lors duquel la cinquantaine de participants a noué un dialogue chaleureux avec le consul d'Allemagne.

L'après-midi, Klaus Ranner, accueilli par le maire de Sutrieu, Gérard Perron, est allé s'incliner devant la stèle du village de Saint-Maurice, incendié le 15 juin 1944 par la Wehrmacht, avant de se recueillir au Mémorial des morts 1939-45 du Valromey.

Le Comité du Mémorial réfléchit au prolongement à donner à cette première rencontre franco-allemande et aux actions qu'il pourrait entreprendre en ce sens.

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